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Nicolas Bles
Docteur en pharmacie
Les oméga-3 sont souvent présentés comme des nutriments bénéfiques pour la santé humaine cependant cette lecture est réductrice et peu représentative de leur importance dans le monde vivant.
Avant d’être des nutriments, les oméga-3 sont des solutions évolutives que le monde vivant a sélectionné pour répondre à des contraintes successives et différentes.
Leur histoire n’est pas celle d’un effet unique, mais celle d’un rôle qui se transforme à mesure que la complexité biologique augmente.
Dans ce contexte, le défi majeur est physique pour les algues celui de maintenir des membranes biologiques fonctionnelles dans des conditions hostiles.
Les oméga-3 sont alors des réponses pour leurs propriétés biophysiques :
À ce stade, l’oméga-3 n’est ni un signal ni un régulateur: c’est une solution de survie cellulaire.
Avec l’apparition de la reproduction ovipare, une nouvelle contrainte émerge: construire un organisme fonctionnel à partir d’une seule cellule, dans un temps limité.
Dans l’œuf de poisson, les oméga-3 changent alors de rôle:
Le rôle spécifique du DHA ou de l'EPA devient essentiel et nous éclaire sur la suite de l'histoire!
Les oméga-3 ne servent plus alors seulement à survivre, ils servent à favoriser la programmation du vivant.
Chez le poisson adulte, les contraintes évoluent encore:
Les rôles des oméga-3 deviennent alors spécifiques et se spécialisent:
Le DHA assure la stabilité durable des membranes nerveuses, musculaires et visuelles.
L’EPA permet une adaptation rapide via la modulation des réponses inflammatoires.
Cette différenciation n’est pas que conceptuelle, elle est fonctionnelle et répond à des nécessités de survie:
Le DHA agit lentement, structurellement, c'est un essentiel du développement.
L’EPA agit rapidement, de manière adaptative au milieu.
Chez l’homme, les contraintes ne sont plus principalement environnementales, mais systémiques:
Les oméga-3 hérités de l’évolution marine trouvent alors de nouveaux rôles chez l'homme:
Le DHA stabilise les membranes neuronales, soutient la plasticité cérébrale et il est essentiel au développement.
L’EPA module les équilibres inflammatoires et neuro-immunitaires, rôle essentiel avec l'apport majoré en oméga 6.
Une question se pose alors pour les populations dont l'alimentation ne contient pas d'oméga 3 d'origine marine? Plusieurs réponses à cette question:
Les oméga-3 n’ont pas changé de structure au fil de l’évolution dans les chaines alimentaires mais de rôle et de fonction.
Les oméga-3 sont des molécules stables dont les fonctions évoluent sous la pression des contraintes biologiques.
Comprendre cette trajectoire permet de dépasser une vision strictement nutritionnelle et de replacer les oméga-3 dans leur histoire évolutive complète et surtout de faire un choix précis dans les sources d'oméga 3.
La naturalité des sources est essentiels à leur bon usage et il est important de privilégier les oméga 3 peu transformer par un outil industriel et faire un choix éclairé sur leur teneur en DHA et EPA.
Il perd la fluidité fonctionnelle de ses membranes car les oméga-6 (notamment l’acide linoléique et l’acide arachidonique): s’intègrent dans les membranes et les rendent plus rigides que les oméga-3 à longue chaîne, en particulier le DHA!
Il perd la capacité de ses cellules à répondre rapidement et finement aux signaux.
Il perd une hiérarchie des signaux inflammatoires
Il perd la capacité de produire des médiateurs de résolution
L’EPA et le DHA sont les précurseurs:
Ces médiateurs ne bloquent pas l’inflammation: ils la résolvent!
Il perd une partie de sa stabilité neuronale
Le cerveau humain est extrêmement riche en DHA et très pauvre en capacité de renouvellement membranaire rapide
Quand les oméga-6 augmentent:
Ils prennent la place du DHA dans certaines membranes, la plasticité synaptique diminue, la transmission devient plus difficile et ainsi il y a une absence de finesse du signal neuronal, de la stabilité émotionnelle et de l'équilibre cognitif.
Il perd un avantage évolutif majeur : l'équilibre inflammatoire.
Sur le plan évolutif, l’homme s’est construit avec :
un ratio oméga-6 / oméga-3 bas (1/1)
une inflammation courte, ciblée, résolutive
Le régime moderne inverse cette logique le ration est des fois de 45/1 (USA) !
Le cerveau humain est particulièrement riche en DHA (acide docosahexaénoïque), un oméga-3 d’origine marine.
Le DHA représente environ 30 à 40 % des acides gras des phospholipides neuronaux.
Sa structure très flexible (6 doubles liaisons) améliore :
Référence scientifique:
Innis SM. Dietary (n-3) fatty acids and brain development. Journal of Clinical Investigation. 2007.
L’EPA (acide eicosapentaénoïque) et le DHA sont deux oméga-3 marins, mais leurs fonctions diffèrent :
Référence:
Travaux de Charles N. Serhan. Nature, 2002.
Les oméga-6 et oméga-3 utilisent les mêmes enzymes métaboliques et entrent en compétition dans l’organisme.
Les données anthropologiques suggèrent qu’au cours de l’évolution humaine, le ratio était proche de 1:1.
Aujourd’hui, dans les pays occidentaux, il peut atteindre 15:1 à 20:1, voire davantage selon les études alimentaires.
Un excès d’oméga-6 favorise :
Référence:
Simopoulos AP. The importance of the omega-6/omega-3 fatty acid ratio. Biomedicine & Pharmacotherapy. 2002.
L’organisme peut convertir l’ALA (acide alpha-linolénique, présent dans les graines et noix) en EPA puis en DHA.
Cependant, cette conversion est limitée :
souvent <5 % pour l’EPA
souvent <1 % pour le DHA
Référence:
Burdge GC & Calder PC. Conversion of alpha-linolenic acid to longer-chain polyunsaturated fatty acids. Reproduction Nutrition Development. 2005.
Les oméga-3 à longue chaîne (EPA et DHA) sont initialement produits par les microalgues marines.
Ils ont été sélectionnés au cours de l’évolution pour:
Référence:
Cunnane SC & Crawford MA. Evolution of the human brain and seafood consumption. Prostaglandins Leukotrienes and Essential Fatty Acids. 2003.